Recherche

Accueil du site / A la une... / Les coûts reconnus de l’électricité nucléaire explosent…La fin d’un mythe

Les arguments en défense de l’industrie nucléaire s’effondrent les uns après les autres :

 après la prétendue l’indépendance énergétique de la France (la dernière mine d’uranium en France a fermé en 2001),

 après la supposée sécurité absolue de « nos » centrales, après « l’énergie la plus propre », après les fumeuses créations d’emplois promises

voici que le coût du nucléaire est à son tour mis en cause par la cour des comptes qui plus est. L’électricité produite par les centrales nucléaire françaises ne serait-elle plus la moins chère du monde ? En janvier 2012, un premier rapport de la Cour des comptes sur les coûts du nucléaire mettait enfin à mal le mythe du nucléaire bon marché.

Le 27 mai 2014, à la demande de la Commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur les coûts du nucléaire, la Cour des Comptes a sorti un nouveau rapport qui prouve que le coût de production de l’électricité nucléaire s’envole [1].

Entre 2010 et 2013, la facture a connu une forte hausse, passant de 49,6 euros par mégawattheure (MWh) à 59,8 euros/MWh. 10,3 euros de plus en trois ans, soit une augmentation de 20,6%, qui ne « devrait pas manquer de venir impacter les tarifs de vente de l’électricité » comme le souligne à juste titre le Parisien du 27 mai.

Toutes les composantes des charges d’exploitation sont responsables de cette envolée des prix. Toutefois la Cour des comptes souligne que la raison principale réside dans le choix d’EdF et des différents gouvernements de prolonger la durée d’exploitation des réacteurs au-delà de trente ans puis dans quelques années au-delà de quarante ans. En effet, le montant des investissements à prévoir pour prolonger la durée d’exploitation des réacteurs s’avère, au final, considérable. « Le prolongement de (la) durée de fonctionnement nécessite une augmentation des dépenses d’achats et de logistique ainsi qu’une forte évolution des effectifs. Il explique en partie cette forte évolution des coûts d’exploitation, notamment sur les dernières années », souligne le rapport qui stipule en outre que « dans le cas de la prolongation de la durée d’exploitation jusqu’à cinquante ans, le coût courant économique (CCE) entre 2011 et 2025 serait environ de 62 euros/MWh ».

Autres facteurs d’augmentation :

 la gestion des combustibles usés (16,3 milliards d’euros fin 2013)

 les charges de démantèlement (34,4 milliards en 2013, qui « font craindre des surcoûts pour les opérations à venir », ainsi que

 les charges de gestion des déchets (31,8 milliards en 2013) auxquels on peut ajouter

 les 8,5 milliards de l’EPR de Flamanville (coût qui a triplé par rapport au devis annoncé en 2004).

Il est donc inéluctable que le coût de l’électricité nucléaire explose, au prix d’une augmentation de la facture pour les consommateurs et des conditions de travail inacceptables pour les intervenants.

Chère et dangereuse ...

Il est regrettable, toutefois, que la Cour des comptes se soit interdit d’enquêter sur une comparaison des coûts entre nucléaire et énergies renouvelables, car celle-ci aurait pu se révéler fort instructive. Ce rapport montre que le nucléaire a des coûts de production qui vont croissant. D’autres sources de production d’électricité sont en mesure à l’avenir de passer sous la barre du nucléaire. L’éolien terrestre est passé désormais sous les 70 euros/MWh, le gaz naturel oscille à quelques euros de plus, autour de 74 euros/MWh, et seul le solaire demeure une ressource abondante mais encore très chère, entre 236 et 406 euros/MWh. Mais son prix chute chaque année très rapidement. Le prix des panneaux est en diminution rapide (–10% tous les trimestres). Selon l’Epia (European photovoltaic industry association), « en 2020, le coût de production de l’énergie solaire sera compris entre 80 et 180 euros par mégawattheure, alors que celui du nucléaire aura, lui, continué à augmenter ».

Ainsi s’effondre le dernier argument des partisans du nucléaire au nom de la juste lutte contre la précarité énergétique (PCF, CGT, FO, LO, etc.).

Et encore, n’est jamais pris en compte le coût réel de gestion sur des milliers d’années des déchets radioactifs des MWh produits actuellement. Ce coût devrait être provisionné pour être intégré dans le juste prix du MWh mais.....est impossible à calculer !

Et ne parlons pas non plus du coût des conséquences d’un accident nucléaire majeur de plus en plus probable dans nos centrales vieillissantes....Au Japon, le Tribunal régional de Fukui interdit le redémarrage de la centrale Oi car il a conclu "qu’aucune mesure de sûreté ne pouvait suffire... Le droit des gens à la vie est le fondement même des droits de la personne, qui sont protégés par la Constitution. Ce droit mérite le plus grand respect au regard de la loi."

Pourquoi prendre des risques aux conséquences inhumaines pour une energie qui ne représente moins de 2 % de la consommation mondiale et laisse un héritage empoisonné, des mines aux déchets ? Ainsi, l’énergie électrique nucléaire qui est déjà la plus dangereuse devient chaque année de plus en plus onéreuse et serait même celle qui coûterait le plus cher si tous les coûts étaient réellement pris en compte (comme ils le sont pour les autres énergies) ! Il est donc grand temps d’en finir immédiatement avec le nucléaire !

Christine et Michel K. [1]

Voir en ligne http://www.ccomptes.fr/Publications...